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Tout d'abord, il nous semble important de militer contre Halloween puisqu'en tant qu'association carnavalesque, nous sommes par essence même attachés au patrimoine culturel dunkerquois. L'apport culturel de communautés implantées en Flandre mais enracinées en dehors de nos frontières régionales ou nationales peut et doit faire évoluer et enrichir ce patrimoine. Mais la communauté nord-américaine n'est pas représentée à Dunkerque, et il s'agit bien là d'une manipulation intellectuelle et morale (puisque liée à un mercantilisme outrancier et agressif), basée sur le mépris et le sentiment de toute-puissance (chaque parcelle de la planète est une colonie américaine en puissance). Cette agression met en péril l'une des traditions les plus anciennes et les plus pittoresques de notre région. La complicité des médias, qui tous ou presque appartiennent à des groupes qui tirent profit du développement de cette fête (marchands de vêtements, d'électroménager, de téléphones … on fait vendre tout et n'importe quoi à l'occasion d'Halloween) ont permis d'implanter rapidement celle-ci au niveau national. Quitte à lui créer de toutes pièces certaines cautions morales, parmi lesquelles figurent les désormais célèbres pseudo-origines celtes de la fête de la citrouille*. Par ailleurs, Halloween et le carnaval ont en commun d'être des fêtes où l'on se déguise. Et le déguisement, à Dunkerque, est quelque chose qui relève du sacré. On ne se déguise pas n'importe où, à n'importe quelle occasion. Et vu les ambitions commerciales et touristiques de certains - hommes politiques comme investisseurs privés - pourquoi ne pas imaginer dans quelques années, si la fête continue à se développer dans le dunkerquois (et beaucoup de cafetiers se prêtent déjà au jeu), un « bal d'Halloween » au Kursaal ? Pourquoi pas, en effet, puisque « C'est une période creuse, où il n'y a pas beaucoup d'occasions de faire la fête»… « Allez, viens au bal … - J'ai pas de costume de vampire… - Bah, t'as qu'à met' ton cletch ». Scénario catastrophe? Oui, mais pas si fantaisiste que cela. On en reparle dans dix ans….
* les processions lumineuses liées à la fin des moissons et au début de l'hiver étaient autrefois légions en Europe - c'est d'ailleurs l'une des probables origines de la Saint-Martin. Mais en Irlande, si l'on sculptait bien des pommes de terre, des rutabagas et des navets, les citrouilles étaient absentes puisque introuvables.
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