LES LANTERNES

Betterave sculptée et lanterne : deux ingrédients indispensables au défilé (Dunkerque, 1999)

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Les torches des toutes premières commémorations se transformèrent peu à peu en lanternes, moins dangereuses à manipuler. La lanterne traditionnelle, la « papier lantern », est en forme de pyramide renversée. Les parois intérieures, au centre desquelles brûle la bougie, sont huilées. La lanterne est maintenue en hauteur à l'extrémité d'une baguette de bois, et parfois décorée d'images d'Epinal découpées ou simplement peinte. Certains enfants utilisaient des fanaux, ces lanternes servant sur les bateaux et qu'il leur était facile de récupérer à l'époque où la pêche était encore le moteur de l'économie dunkerquoise.

Une « papier lantern »

Puis peu à peu se développa aussi l'usage de betteraves sculptées, préalablement « récupérées » auprès des maraîchers. Ces betteraves sont vidées jusqu'à en devenir translucides et des trous, permettant l'évacuation de la fumée et aussi la manipulation de la bougie, sont percés. Ces fentes, taillées de sorte à constituer une bouche, un nez et des yeux contribuent également à rendre plus esthétique cet objet que l'ovalité prédispose à prendre l'aspect d'un visage…

Une betterave sculptée

Très vite, les enfants, désireux d'être remarqués et mis en valeur grâce à la possession d'une lanterne magnifique, rivalisèrent d'imagination. C'est alors parfois toute la famille qui s'initie à la sculpture légumière. A partir de 1905, les premiers concours de lanternes sont organisés, et certaines deviennent de véritables maquettes lumineuses en carton ou en papier mâché. A la belle époque commencent à apparaître des lanternes en forme de beffroi, de leughenares, d'hôtel de ville, de statue de Jean Bart, et même d'hommes politiques comme Clemenceau ou Fallières.

Maquette du beffroi

Aujourd'hui, ces concours existent toujours, et betteraves et maquettes défilent souvent devant des jurys différents. Il faut reconnaître que ces objets sont devenus très dissemblables et que beaucoup de maquettes ne sont dorénavant ni lumineuses ni destinées à défiler. Si bien que beaucoup de gens se demandent pourquoi un concours de maquette, visiblement sans rapport avec le reste de la cérémonie, est organisé le soir de la Saint-Martin. Quant aux « papier lantern », elles ont disparu sous leur forme traditionnelle mais les lanternes de papiers tenues à l'extrémité d'un manche sont très nombreuses. Certaines de ces lanternes sont conçues à l'école par les enfants eux-mêmes, qui parfois appellent cet objet « un Saint-Martin ». La majorité d'entre elles est cependant fabriquée industriellement. Elles sont alors souvent colorées et parfois à l'effigie de héros de dessins animés ou … d'horribles citrouilles.

Un concours de betteraves
(Steen, 1999)